La mesure sera effective du mardi 10 au mardi 17 février 2026, selon un communiqué officiel rendu public le 7 février à Bukavu.
Au cœur de cette décision : la centrale hydroélectrique de Ruzizi I, infrastructure stratégique mise en service en 1958 et pilier historique de l’alimentation électrique dans l’Est de la République démocratique du Congo. La SNEL évoque une opération de consignation alternée autrement dit, une mise à l’arrêt temporaire et programmée des groupes turbo-alternateurs destinée à permettre la réalisation d’études bathymétriques de la rivière Ruzizi.
Ces études techniques, essentielles pour évaluer la configuration du lit du cours d’eau, s’inscrivent dans la perspective d’une réhabilitation prochaine de la centrale. Après près de sept décennies d’exploitation, Ruzizi I nécessite en effet des interventions de modernisation et d’optimisation, afin d’améliorer sa performance et de sécuriser durablement son fonctionnement.
Durant cette période transitoire, la production de la centrale sera ramenée à 15 mégawatts. Une capacité réduite qui risque d’impacter la qualité et la régularité de la fourniture d’électricité dans les zones desservies.
La SNEL précise par ailleurs que les vannes de fond seront ouvertes à 50 %, afin d’alimenter la retenue de la centrale Ruzizi II, proportionnellement au débit non turbiné à Ruzizi I. Cette coordination technique vise à maintenir un équilibre hydraulique et à préserver la continuité du système énergétique régional.
Dans un contexte où la demande en électricité demeure croissante, notamment dans les pôles urbains comme Bukavu et Goma, cette réduction temporaire pourrait se traduire par des délestages ou une alimentation alternée dans certains quartiers.
Toutefois, l’entreprise publique se veut rassurante. Elle souligne que la reprise de l’exploitation normale pourrait intervenir avant le 17 février si les travaux s’achèvent plus tôt que prévu.
Au-delà des désagréments ponctuels, la démarche s’inscrit dans une logique de planification à long terme. La réhabilitation de Ruzizi I représente un enjeu majeur pour la stabilité énergétique de la région des Grands Lacs, où l’interconnexion des centrales et la gestion du débit du fleuve Ruzizi jouent un rôle stratégique.
Moderniser cette infrastructure historique, c’est consolider l’approvisionnement en électricité pour des millions d’usagers, tout en renforçant la résilience du réseau face aux aléas techniques et climatiques.
Reste que pour les ménages, les commerçants et les petites industries locales, chaque réduction de capacité ravive la question structurelle de la fiabilité énergétique dans l’Est du pays. Entre impératif technique et attentes sociales, la SNEL devra conjuguer pédagogie, transparence et efficacité pour que cette parenthèse technique prépare véritablement un avenir énergétique plus stable.































































