Le vice-gouverneur du Sud-Kivu en charge des questions administratives, politiques et juridiques, Dunia Masumbuko Bwenge Doux, a conduit ce jeudi 23 avril 2026 une nouvelle étape de sa mission d’itinérance dans le territoire de Kabare.
Cette initiative s’inscrit dans une série de consultations engagées dans les zones sous contrôle de l’Alliance Fleuve Congo (AFC)/M23, en vue de redynamiser l’administration coutumière, considérée comme un levier central de la gouvernance locale.
La rencontre s’est tenue dans la salle Maman Ndusi, en présence des autorités territoriales, des chefs coutumiers, des responsables des services publics, ainsi que de notables et représentants des communautés locales. Elle fait suite à une activité similaire organisée quelques jours plus tôt dans le territoire de Kalehe, où les premières orientations avaient été définies.
Au cours des échanges, le vice-gouverneur, accompagné d’une forte délégation provinciale aux côtés de l’administrateur du territoire de Kabare Elie Rubabura Espoir, a indiqué que cette démarche répond à un mandat précis de sa hiérarchie, visant à recueillir des contributions concrètes pour restaurer un climat de confiance entre les familles régnantes et les structures administratives en place.
L’objectif affiché est de parvenir à une gouvernance locale plus stable, inclusive et respectueuse des traditions.
Dans son intervention, Dunia Masumbuko Bwenge Doux a insisté sur la place fondamentale de l’autorité coutumière dans l’architecture institutionnelle locale. Il a rappelé que le développement durable des entités territoriales dépend en grande partie de la solidité et de la crédibilité de ces structures traditionnelles.
Il a également souligné la nécessité de préserver leur neutralité, en invitant les détenteurs du pouvoir coutumier à s’abstenir de toute instrumentalisation politique.
Les discussions ont mis en lumière plusieurs défis persistants dans le territoire de Kabare, notamment des rivalités de légitimité, des lacunes dans la coordination avec les services de l’État et une fragilisation de certaines institutions coutumières. Face à ce constat, les participants ont été appelés à privilégier le dialogue et à proposer des mécanismes consensuels de sortie de crise.
Dans cette perspective, les autorités de l’AFC/M23 encouragent la désignation de responsables intérimaires dans les entités où l’autorité coutumière est vacante. Ces derniers auront pour mission de rétablir l’ordre institutionnel, en veillant au respect des normes juridiques, des pratiques traditionnelles et des intérêts des populations locales.
Une collaboration étroite avec l’administration territoriale est également préconisée pour renforcer la cohérence de l’action publique.

Le vice-gouverneur a par ailleurs lancé un appel aux chefs coutumiers absents à regagner leurs juridictions respectives, soulignant l’importance de leur rôle dans la consolidation de la paix et de la cohésion sociale. Il a également exhorté les leaders communautaires et les services étatiques à s’impliquer activement dans cette dynamique de reconstruction institutionnelle.
Clôturant la séance, Dunia Masumbuko Bwenge Doux a réaffirmé l’engagement des autorités provinciales à accompagner ce processus de restructuration. Il a insisté sur la nécessité d’un effort collectif, fondé sur le dialogue, la responsabilité et le respect mutuel, pour garantir une administration coutumière fonctionnelle et adaptée aux réalités actuelles du Sud-Kivu.
S’inscrivant dans une dynamique de mobilité institutionnelle, cette mission de proximité a été globalement saluée par les participants.
Plusieurs cadres coutumiers de Kabare ont exprimé leur satisfaction quant à l’écoute accordée à leurs préoccupations ainsi qu’à l’approche participative adoptée par les autorités provinciales.
À cette occasion, ils ont également réaffirmé leur engagement à accompagner activement ce processus de relance, promettant de s’impliquer davantage et de dynamiser les mécanismes traditionnels afin de restaurer durablement l’autorité coutumière au sein de leurs entités respectives.
Précisons qu’à travers ces consultations, l’AFC-M23 affirme n’avoir ni ambition ni volonté de remplacer les autorités coutumières naturellement établies, mais de s’inscrire dans une démarche d’écoute, de dialogue et de clarification institutionnelle.
Le mouvement dit vouloir mieux comprendre les réalités locales et renforcer la cohésion entre les communautés et les autorités traditionnelles, qu’il considère comme des piliers essentiels de la stabilité sociale.
Il indique également que, face à la fuite de certaines grandes autorités coutumières, il entend assurer la continuité des actions qu’elles menaient pour le bien-être des populations, afin d’éviter toute rupture dans les services communautaires.
Cette démarche se veut donc centrée sur la stabilité, la continuité et la collaboration, dans un esprit de préservation de la cohésion sociale et du respect de l’ordre coutumier existant.



























































