Selon les données recueillies lors d’un récent atelier de sensibilisation, 1 129 survivantes ont été recensées sur cette période. La courbe est nettement ascendante : 183 cas en décembre, 320 en janvier, avant une forte hausse en février qui atteint 626 cas.
Pour les responsables sanitaires, cette progression rapide révèle une crise grave nécessitant une intervention urgente et mieux coordonnée.
Sur le terrain, la prise en charge reste limitée malgré l’ampleur du phénomène. Les professionnels de santé estiment qu’à peine 30 % des victimes ont pu accéder au traitement post-exposition (PEP), un dispositif essentiel pour réduire les risques d’infections sexuellement transmissibles et de grossesses non désirées après une agression.
Cette situation inquiète également les organisations de la société civile. Des acteurs engagés dans la protection des droits des femmes, dont la coordination de GAD représentée par Abigael Bitendo, appellent à un renforcement des mécanismes de prévention et de réponse. Ils insistent sur la nécessité d’une implication plus forte des autorités afin de freiner cette montée des violences.
Par ailleurs, les structures locales estiment que les chiffres disponibles pourraient rester en dessous de la réalité, de nombreux cas n’étant pas déclarés dans les centres de santé, par peur, stigmatisation ou manque d’accès aux services.
Face à cette urgence, l’Union des Femmes des Médias pour la Paix (UFMP Sud-Sud-Kivu) a lancé depuis mars une campagne de trois mois dans les zones de santé d’Uvira et de Ruzizi. Cette initiative combine plusieurs actions : diffusion de messages éducatifs sur l’importance de la prise en charge rapide dans les 72 heures, production de contenus de sensibilisation en ligne, ainsi que des sessions d’échanges avec les acteurs communautaires, notamment les relais locaux, les responsables de sites de déplacés, les soignants et les journalistes.
L’objectif affiché est de renforcer la prévention, encourager la dénonciation des cas et améliorer l’accompagnement des survivantes afin de briser le cycle de l’impunité. L’UFMP réaffirme ainsi sa volonté de contribuer à la protection des femmes et des filles dans un contexte sécuritaire et social toujours fragile dans la région.




























































