Alors que les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri restent en proie aux violences des groupes armés, aux déplacements massifs de populations et à une précarité généralisée, plusieurs observateurs dénoncent une absence notable de prise de parole des élus de ces régions sur ces enjeux cruciaux.
« Leur silence est assourdissant », tranche un acteur de la société civile à Bukavu.
« Ils ont été élus pour porter la voix des populations meurtries. Mais sur les questions sécuritaires, ils se font rares, voire inexistants ».
Sur le terrain, pourtant, la situation demeure alarmante. Des milliers de civils continuent d’être affectés par les affrontements, avec un accès limité aux soins de santé, à l’éducation et à l’alimentation, selon plusieurs organisations humanitaires.
Paradoxalement, ces mêmes députés s’illustrent aujourd’hui par une forte activité médiatique autour des examens d’État: messages de soutien, déclarations publiques, publications sur les réseaux sociaux : leur mobilisation sur ce sujet contraste nettement avec leur réserve sur la crise sécuritaire.
Ce décalage alimente critiques et incompréhensions au sein de l’opinion publique. Pour certains analystes, il s’agirait d’un calcul politique.
« Les examens d’État touchent directement les familles et offrent une visibilité positive. À l’inverse, la sécurité impose des prises de position plus sensibles et engageantes », analyse un politologue basé à Bukavu.
D’autres appellent toutefois à relativiser, soulignant que les questions sécuritaires relèvent en grande partie de l’exécutif, limitant ainsi la marge d’action des parlementaires.
Mais cet argument peine à convaincre une population de plus en plus exigeante. Des organisations citoyennes appellent désormais les élus à sortir de leur réserve et à jouer pleinement leur rôle de représentants, notamment en exerçant un contrôle plus rigoureux de l’action gouvernementale et en plaidant pour des solutions durables.
Dans un contexte où la crise sécuritaire s’enlise et où la confiance envers les institutions reste fragile, la question de la redevabilité des élus s’impose plus que jamais au cœur du débat public.




























































