Au cours de cette rencontre présidée par Me Néné Bintu Iragi, trois temps forts ont structuré la séance.
D’abord, la présentation du Prix Daniel Po 2025, accompagnée d’un compte rendu des missions de plaidoyer menées successivement à Rome, Bruxelles, Paris, Kinshasa et Uvira.
Ces démarches visaient à alerter sur l’aggravation de la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo.
Ensuite, une pancarte symbolique, conçue par des femmes locales, a été installée au centre de trois arbres plantés lors du mois dédié aux droits des femmes.
L’initiative entend promouvoir un message de paix et encourager le rôle des femmes comme actrices clés de la cohésion sociale.
Enfin, des diplômes de mérite ont été remis à plusieurs femmes engagées dans la promotion de la paix, notamment issues de la communauté Banyamulenge.
Selon les organisateurs, ces distinctions visent à saluer leur implication dans la lutte contre les préjugés tribalo-ethniques et à encourager la poursuite de leurs actions.
Une forte mobilisation institutionnelle
La cérémonie a réuni plusieurs personnalités politico-administratives, dont le vice-gouverneur du Sud-Kivu, faisant fonction de gouverneur intérimaire, ainsi que la ministre provinciale de l’Éducation.
Étaient également présents des représentants des services étatiques, des organisations de la société civile, des mouvements citoyens et des structures de jeunesse.
Un envoyé du chef de l’État, accompagné du député Levis Rukema, a fait une apparition en fin de séance, signe de l’attention portée à la situation dans cette partie du pays.
Un message ferme sur la gouvernance
Au-delà du caractère symbolique de l’événement, la Société civile a saisi l’occasion pour adresser un message clair aux autorités.
« Le peuple, meurtri par la guerre, n’a pas besoin de querelles politiques », a insisté Me Néné Bintu Iragi, appelant à privilégier la cohésion sociale et la transparence dans la gestion des ressources publiques.
Cette prise de position intervient dans un climat de tensions entre les institutions provinciales.
Des députés provinciaux ont récemment déposé une motion de censure contre le gouverneur, assortie d’une demande de démission.
Par ailleurs, le gouverneur et le bureau de l’Assemblée provinciale auraient été interpellés à Kinshasa, tandis que des divergences internes se sont publiquement manifestées au sein de l’exécutif provincial.
Pour la Société civile, ces dissensions traduisent un malaise profond qui nécessite une résolution urgente afin de garantir le bon fonctionnement des institutions au service de la population.
Contexte humanitaire préoccupant
La rencontre a également été marquée par une note de tristesse. Trois personnes ont perdu la vie la veille à la suite du débordement de la rivière Kalimabenge, illustrant la vulnérabilité persistante des populations face aux catastrophes naturelles dans la région.
Malgré ce contexte difficile, la Société civile appelle à maintenir le cap sur la redevabilité et la transparence, estimant que « la mauvaise gestion et les détournements constituent des facteurs de déstabilisation ».
En conclusion, les Forces vives du Sud-Kivu exhortent l’ensemble des acteurs politiques et sociaux à œuvrer pour la paix, condition essentielle au développement et à la stabilité de la province.



























































