L’affaire dépasse désormais les frontières congolaises. Depuis la Suisse, où il s’est réfugié, le Professeur Bengea Matchozi Déo a saisi les autorités congolaises compétentes pour contester les conséquences administratives d’une désignation intervenue alors qu’il se trouvait dans une zone contrôlée par l’
Selon les éléments avancés par l’universitaire, cette désignation serait intervenue dans un contexte de forte pression sécuritaire. Il affirme qu’au moment des faits, il lui était pratiquement impossible de s’opposer à la décision ou d’en contester la légitimité, compte tenu des risques auxquels il aurait été exposé.
Aujourd’hui hors de cette zone, le chercheur demande à l’administration congolaise de réexaminer son dossier à la lumière des circonstances dans lesquelles cette décision aurait été prise.
*Une décision contestée depuis l’étranger*
Dans sa démarche auprès du ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire, le Professeur Bengea Matchozi Déo soutient que sa désignation ne résultait pas d’un choix librement consenti. Il souhaite ainsi que les autorités de tutelle établissent une distinction entre une nomination acceptée dans des conditions normales et une décision imposée dans un environnement marqué par la présence d’un groupe armé.
Au cœur de sa requête figure donc la reconnaissance du caractère contraint de la procédure ayant conduit à sa désignation.
L’universitaire demande également que sa situation professionnelle soit rétablie au sein de l’administration congolaise de l’enseignement supérieur. Il réclame, dans le même temps, la reprise du versement de son salaire ainsi que la régularisation des montants qu’il affirme ne plus avoir perçus depuis cet épisode.
*Le poids des conflits sur le monde académique*
Cette affaire illustre une problématique plus large dans les territoires affectés par les conflits armés : la situation des fonctionnaires, enseignants, chercheurs et responsables administratifs qui continuent à exercer ou à résider dans des zones échappant au contrôle effectif des institutions nationales.
Dans de tels contextes, les décisions administratives peuvent être prises par des structures concurrentes de l’État, tandis que les personnes concernées disposent de marges de manœuvre particulièrement limitées pour les contester.
Le dossier du Professeur Bengea Matchozi Déo pose ainsi la question de la portée juridique et administrative des actes posés sous la contrainte dans les zones contrôlées par des groupes armés.
*Trois revendications adressées à Kinshasa*
Dans sa démarche, le chercheur met principalement en avant trois requêtes : la prise en compte des circonstances ayant entouré sa désignation, la remise en ordre de son dossier administratif et la régularisation de sa situation salariale, y compris les éventuels arriérés.
Depuis la Suisse, il entend désormais faire valoir ses droits auprès des institutions congolaises et attirer l’attention sur le sort des cadres universitaires confrontés aux conséquences administratives de la crise sécuritaire dans l’est du pays.
À ce stade, cette démarche constitue une contestation individuelle dont l’issue dépendra de l’examen du dossier par les autorités congolaises compétentes. Aucune décision officielle des services concernés n’est rapportée dans les éléments disponibles.
Au-delà de son cas personnel, cette procédure met en évidence les difficultés auxquelles sont confrontés les agents publics et les universitaires lorsque l’autorité administrative de l’État est concurrencée, sur le terrain, par des structures issues d’un conflit armé.


























































