Sécurité précaire, chômage, pauvreté, catastrophes, incendies et difficultés sociales : l’auteur dresse un tableau particulièrement sombre de la situation vécue, selon lui, par de nombreuses familles à Kabare, à Bukavu et plus largement dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Dans cette correspondance au ton particulièrement sévère, François Mubalama reproche à certains responsables politiques de s’être montrés très actifs pendant les périodes électorales, avant de devenir, affirme-t-il, moins présents lorsque les populations ont eu besoin de leur soutien.
Il dénonce ainsi une proximité politique qu’il juge trop souvent circonstancielle, liée aux échéances électorales plutôt qu’à une véritable obligation permanente de servir la communauté.
« Votre silence devient une forme d’irresponsabilité », écrit-il à l’adresse des responsables politiques, estimant que les urgences sociales et sécuritaires devraient occuper une place prioritaire dans l’action publique.
Le jeune leader critique notamment ce qu’il perçoit comme une course aux postes et aux responsabilités, alors que les populations demeurent confrontées à des difficultés majeures.
Il évoque également l’implication de certains responsables dans les débats portant sur une éventuelle modification de la Constitution, estimant que les discussions institutionnelles ne devraient pas faire passer au second plan les souffrances quotidiennes des citoyens.
Pour François Mubalama, la question fondamentale demeure celle de la responsabilité politique. Un mandat obtenu dans les urnes ne devrait pas constituer un aboutissement, mais le commencement d’un devoir de représentation, de proximité et de redevabilité envers les électeurs.
« Nous vous observons », lance-t-il aux élus, dans une formule qui se veut à la fois avertissement et rappel démocratique. Car, souligne-t-il, le pouvoir tire sa légitimité du peuple et devrait, en retour, être exercé au bénéfice de celui-ci.
Dans son réquisitoire, il insiste sur plusieurs priorités : la sécurité, l’emploi, la lutte contre la pauvreté, l’amélioration des conditions sociales et le développement des infrastructures.
Pour lui, ces préoccupations ne peuvent plus être traitées comme de simples thèmes de campagne. Elles constituent des urgences concrètes qui exigent des réponses politiques concrètes.
La question du développement occupe ainsi une place centrale dans son interpellation. Dans une région régulièrement éprouvée par les crises sécuritaires, les déplacements de populations, les catastrophes et la précarité économique, les citoyens attendent davantage que des déclarations politiques.
Ils réclament des actes, des infrastructures, des services publics fonctionnels, des possibilités d’emploi et des mécanismes efficaces de protection sociale.
La lettre de François Mubalama porte également une critique plus profonde de la relation entre gouvernants et gouvernés. Elle remet en cause une conception de la politique dans laquelle le citoyen serait principalement sollicité au moment du vote, avant d’être relégué au second plan une fois les suffrages obtenus.
Son message se veut donc un rappel à l’ordre démocratique : les élus ne sont pas propriétaires du pouvoir qu’ils exercent. Ils en sont les dépositaires temporaires et doivent rendre compte de leur action à la population.
« Un peuple fatigué finit par se lever », avertit-il, dans une formule qui traduit le degré de frustration qu’il dit percevoir au sein de la population.
Cette prise de position ne constitue pas seulement une dénonciation. Elle se présente également comme un appel à la conscience politique et citoyenne.
Pour François Mubalama, les responsables politiques doivent revenir aux préoccupations de la base et replacer la dignité humaine, la sécurité et le développement au centre de leurs priorités.
Dans un contexte où les attentes sociales demeurent particulièrement fortes au Sud-Kivu, cette lettre ouverte pose une question essentielle : quelle valeur peut avoir le pouvoir politique s’il ne se traduit pas par une amélioration réelle des conditions de vie de ceux au nom desquels il est exercé ?
Au terme de sa correspondance, François Mubalama résume son interpellation en une phrase : « Le peuple mérite mieux que l’oubli. »
Une formule qui sonne comme un avertissement, mais aussi comme une exigence démocratique. Car lorsque les populations ne demandent plus des promesses, mais de la sécurité, du travail, des routes, des services publics et de la dignité, la responsabilité politique ne peut plus se satisfaire de discours. Elle doit se traduire par des actes et, surtout, par des résultats.


























































