Dans une déclaration dont la date et le contexte précis ne sont pas indiqués dans l’extrait rapporté, le chef de l’État burkinabè a évoqué le rôle de figures qu’il présente comme des « prophètes » et des « guides » apparus au fil de l’histoire.
Selon lui, les sociétés africaines auraient trop souvent rejeté, voire combattu, certains de leurs propres dirigeants ou penseurs, compromettant ainsi des possibilités de transformation durable du continent.
Ibrahim Traoré a également établi un contraste entre l’évolution de l’Afrique et celle des autres régions du monde. Il déplore que, malgré les progrès enregistrés ailleurs, le continent reste fréquemment associé, dans l’imaginaire international, à la pauvreté et aux crises humanitaires.
« Lorsqu’on veut parler de misère, ce sont des images d’Africains qu’on affiche », a-t-il notamment déclaré.
Cette sortie s’inscrit dans le discours régulièrement porté par le président de la transition burkinabè sur la nécessité, pour les Africains, de reprendre en main leur destin et de rompre avec les mécanismes de dépendance qu’il juge responsables du retard du continent.
Depuis son arrivée au pouvoir, Ibrahim Traoré défend une vision fondée notamment sur la souveraineté politique et économique, la mobilisation des ressources nationales et une plus grande autonomie des États africains.
Son propos met ainsi en avant une question récurrente dans les débats sur le développement du continent : celle de la responsabilité des choix politiques et historiques des sociétés africaines, mais aussi celle du poids des facteurs extérieurs dans les difficultés persistantes de plusieurs pays.
Au-delà des controverses que peuvent susciter certaines de ses lectures historiques, le président burkinabè appelle, à travers ce type de discours, à une réflexion sur les ressorts du sous-développement et sur la capacité des sociétés africaines à construire leurs propres modèles de progrès.


























































