Une situation qui ravive les traumatismes d’une population déjà éprouvée par plusieurs années d’instabilité sécuritaire. Ces derniers mois, plusieurs acteurs communautaires ont de nouveau tiré la sonnette d’alarme face à cette recrudescence du banditisme urbain.
Au-delà des statistiques et des communiqués de circonstance, une question fondamentale mérite d’être posée : où est la jeunesse de Panzi et Kadutu face à cette menace grandissante ? Et quel rôle doivent jouer les forces vives dans la préservation de la sécurité collective ?
Dans toutes les sociétés confrontées à des défis sécuritaires, la jeunesse constitue à la fois une force de résilience et un rempart contre la criminalité. Lorsqu’elle est organisée, encadrée et impliquée dans la gestion communautaire, elle devient un acteur incontournable de la prévention.
À l’inverse, lorsqu’elle est abandonnée au chômage, à la désillusion et à l’oisiveté, elle peut devenir une cible facile pour les réseaux criminels.
Panzi et Kadutu disposent pourtant d’un potentiel humain considérable. Des milliers de jeunes y vivent, étudient, entreprennent ou participent à la vie associative.
Leur silence ou leur passivité face à l’insécurité actuelle risque cependant d’être interprété comme une résignation. Aujourd’hui plus que jamais, les jeunes doivent s’organiser autour des structures citoyennes existantes, promouvoir la vigilance communautaire, dénoncer les comportements suspects et contribuer à la reconstruction du tissu social.
Cependant, la responsabilité ne saurait reposer uniquement sur les épaules de la jeunesse. Les forces vives, société civile, leaders communautaires, chefs d’avenues, responsables religieux, associations de développement et notabilités locales ont également un rôle central à jouer.
Leur mission consiste notamment à sensibiliser la population, renforcer les mécanismes d’alerte précoce, encourager la cohésion sociale et servir d’interface entre les citoyens et les autorités compétentes.
Les expériences passées démontrent que les quartiers qui résistent le mieux à l’insécurité sont ceux où la solidarité communautaire demeure forte. Plusieurs acteurs de la société civile dans ces deux entités ont d’ailleurs déjà appelé à une implication collective des habitants dans la surveillance citoyenne et la dénonciation des criminels.
Il serait toutefois illusoire de croire que la vigilance populaire peut remplacer l’action de l’État. La sécurisation des personnes et de leurs biens demeure une mission régalienne.
Les autorités doivent renforcer les patrouilles, améliorer les mécanismes de renseignement et poursuivre sans complaisance les auteurs des actes criminels. Les citoyens peuvent accompagner cet effort, mais ils ne peuvent s’y substituer.
Le retour des assassinats, des cambriolages et des incursions nocturnes à Panzi et Kadutu doit donc être perçu comme un signal d’alarme. Chaque habitant, chaque jeune, chaque acteur social est aujourd’hui interpellé.
La sécurité n’est pas uniquement l’affaire des forces de l’ordre ; elle est aussi le fruit d’une responsabilité partagée.
L’histoire retiendra que face à la menace, Panzi et Kadutu auront soit choisi la peur et le silence, soit la solidarité et l’engagement citoyen.
Le moment est venu pour la jeunesse et les forces vives de démontrer qu’elles demeurent les premières gardiennes de leur communauté.
Christian Balemba


























































