Cette situation, observée dans un contexte marqué par l’insécurité persistante, les difficultés d’accès et la précarité des conditions de vie, pourrait accroître les risques de propagation d’éventuelles maladies infectieuses si des actions de sensibilisation ne sont pas renforcées.
Malgré les défis sécuritaires et logistiques, notre équipe s’est rendue dans plusieurs localités de ces deux territoires, notamment à Ciherano, Ibanda, Lulonge, Musiru, Cirhambi, Cazi, Cihonga, Ibula et Mwimbi dans le territoire de walungu en Groupements de Luciga, Irongo et Lurhala et à Nyantende, Buhozi, Mumosho, Bugorhe dans le territoire de Kabare, afin de recueillir les témoignages des populations sur leur niveau d’information concernant Ebola et les mesures de prévention.
Les observations réalisées sur le terrain révèlent qu’une proportion importante des habitants interrogés connaît peu ou pas du tout les modes de transmission de cette maladie, ses principaux symptômes ou encore les comportements à adopter en cas de suspicion.
Dans plusieurs villages, certains habitants affirment n’avoir bénéficié d’aucune campagne récente de sensibilisation, tandis que d’autres associent encore Ebola à des rumeurs ou à des croyances erronées.
Cette méconnaissance constitue une source d’inquiétude pour la santé publique. Dans un contexte où les déplacements des populations demeurent fréquents entre villages, centres de santé et marchés, une faible vigilance sanitaire pourrait favoriser une détection tardive d’éventuels cas et compliquer la mise en œuvre rapide des mesures de riposte.
Les autorités sanitaires contactées au centre de santé de Kakono ( Miranga) et à Buhozi- Kagenge recommandent pourtant une série de mesures préventives essentielles : se laver régulièrement les mains à l’eau propre et au savon ou avec une solution hydroalcoolique, éviter tout contact avec le sang ou les liquides biologiques d’une personne malade, ne pas manipuler les dépouilles sans l’intervention des équipes spécialisées, signaler immédiatement tout cas suspect au centre de santé le plus proche, éviter la consommation de viande d’animaux retrouvés morts et respecter les consignes des professionnels de santé.
Pour ces infirmiers, les symptômes d’Ebola peuvent notamment comprendre une forte fièvre, une fatigue intense, des maux de tête, des douleurs musculaires, des vomissements, des diarrhées ainsi que, dans certains cas, des saignements. Une prise en charge précoce augmente considérablement les chances de survie et contribue à limiter la propagation de la maladie, affirment-ils.
Face à ces constats, plusieurs habitants rencontrés souhaitent le déploiement de campagnes intensives de sensibilisation jusque dans les villages les plus reculés.
Ils estiment qu’une meilleure information, relayée en langues locales par les radios communautaires, les relais communautaires, les leaders religieux et les autorités locales, permettrait de lutter contre les fausses informations et de renforcer les réflexes de prévention.
Alors que la vigilance reste de mise face aux maladies à potentiel épidémique, les spécialistes de la santé publique rappellent que l’information, la prévention et la collaboration entre les communautés et les services sanitaires demeurent les premiers remparts contre une éventuelle flambée d’Ebola.


























































