Face aux avancées des groupes armés dans certaines zones du Sud-Kivu, le député national Justin Bitakwira a lancé un appel virulent aux autorités militaires, estimant que le risque d’un élargissement du conflit vers d’autres provinces devient de plus en plus préoccupant.
S’exprimant publiquement, l’élu d’Uvira a exhorté le ministre de la Défense ainsi que le chef d’état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à quitter leurs bureaux pour se rendre sur le terrain afin de superviser personnellement les opérations militaires.
« Monsieur le ministre de la Défense, Monsieur le chef d’état-major général, quittez vos bureaux climatisés. Allez défendre la République. C’est pour cela que vous avez été nommés. Si vous n’êtes pas capables, démissionnez. D’autres prendront vos fonctions », a déclaré Justin Bitakwira.
Au-delà de son interpellation des autorités militaires, le député a surtout attiré l’attention sur les conséquences stratégiques qu’entraînerait une éventuelle détérioration de la situation dans le territoire de Fizi.
Selon lui, une chute de
la ville de Baraka ouvrirait un corridor stratégique vers la province du Tanganyika.
« Aujourd’hui, si Baraka tombait, il y aurait un boulevard. C’est le lac Tanganyika qui mène vers Kalemie. Il y a une route qui va de Fizi-Baraka jusqu’à Kalemie. Donc c’est un boulevard que nous sommes en train d’ouvrir à l’ennemi », a-t-il averti.
Cette déclaration met en lumière les préoccupations liées à la configuration géographique de cette partie du pays.
La ville de Baraka, située sur les rives du lac Tanganyika, constitue en effet un point de passage important reliant le Sud-Kivu à la province du Tanganyika, aussi bien par voie lacustre que terrestre.
Les propos de Justin Bitakwira interviennent dans un contexte marqué par une recrudescence des affrontements dans plusieurs localités de l’est de la RDC.
Les autorités congolaises poursuivent leurs opérations militaires contre différents groupes armés actifs dans la région, tandis que les populations civiles continuent de subir les conséquences des violences, notamment les déplacements forcés, les pertes en vies humaines et la destruction des biens.
Ces dernières semaines, la situation sécuritaire dans certaines zones du Sud-Kivu a suscité de nombreuses réactions de responsables politiques, d’élus locaux et d’acteurs de la société civile, qui appellent à un renforcement du dispositif sécuritaire afin d’empêcher toute progression des groupes armés.
En appelant ouvertement les responsables de la défense à « assumer leurs responsabilités ou à démissionner », Justin Bitakwira accentue la pression politique exercée sur l’appareil sécuritaire congolais. Son intervention traduit les inquiétudes d’une partie de la classe politique face à la persistance de l’insécurité dans l’Est du pays.
À ce stade, ni le ministère de la Défense ni l’état-major général des FARDC n’avaient officiellement réagi à ces déclarations.
L’évolution de la situation sécuritaire dans le Sud-Kivu demeure suivie avec attention, alors que les autorités congolaises sont confrontées au défi de contenir les menaces armées tout en préservant les principaux axes stratégiques reliant les provinces de l’Est et du centre du pays.


























































