L’épisode pluvieux a ravivé les inquiétudes sur la vulnérabilité de plusieurs secteurs de la ville face aux fortes précipitations. À Bukavu, le relief accidenté, la densité de l’habitat, l’occupation des espaces exposés et les difficultés d’évacuation des eaux constituent autant de facteurs susceptibles d’aggraver les conséquences des intempéries.
Dans ce contexte, Jospin Chalazire, jeune leader du quartier Panzi, appelle les autorités de l’AFC-M23 qui contrôlent actuellement la ville à renforcer les mesures de prévention et à inscrire durablement la gestion des risques dans les priorités de l’action publique.
Pour lui, la prévention ne devrait pas se limiter aux interventions menées après la survenue d’une catastrophe. Il estime que les opérations d’assainissement communautaire, notamment le Salongo organisé chaque samedi de 8 heures à 11 heures, peuvent contribuer à réduire les risques lorsqu’elles sont accompagnées d’un suivi régulier.
« Quand nous nettoyons ensemble, nous ne servons pas une autorité, nous nous sauvons nous-mêmes », affirme Jospin Chalazire.
Le jeune leader insiste toutefois sur la nécessité d’un entretien permanent des ouvrages d’évacuation des eaux. Selon lui, les efforts d’assainissement perdent une partie de leur efficacité lorsque les caniveaux sont de nouveau obstrués par des déchets.
« Que vaut un caniveau curé le samedi s’il est rebouché le dimanche par l’incivisme ? », s’interroge-t-il.
Au-delà de l’assainissement, Jospin Chalazire met en avant les enjeux liés à l’aménagement urbain. Il cite notamment plusieurs zones de Bukavu, parmi lesquelles Kadutu, Bagira et Ibanda, où l’occupation des espaces et l’urbanisation peuvent, selon lui, accroître l’exposition des populations aux risques liés aux pluies intenses.
Il appelle ainsi les autorités à inscrire la prévention dans une politique globale comprenant un urbanisme mieux maîtrisé, la protection des zones à risque, l’entretien régulier des caniveaux et des réseaux de drainage, ainsi que le renforcement des mécanismes d’alerte destinés aux populations.
« Ne laissons pas la prochaine pluie transformer nos rues en rivières et nos maisons en tombes. La nature ne négocie pas », prévient-il.
Cette nouvelle pluie intervient alors que plusieurs coins de la ville de Bukavu restent exposés aux conséquences des ruissellements, des éboulements et des inondations lors des épisodes de fortes précipitations. La situation pose également la question de la capacité des infrastructures urbaines à absorber et à évacuer rapidement d’importantes quantités d’eau.
Pour Jospin Chalazire, l’enjeu est donc de passer d’une réponse essentiellement réactive à une approche davantage préventive, reposant à la fois sur l’action des autorités, l’entretien des infrastructures et la participation des habitants.
L’ampleur exacte des dégâts enregistrés mardi à Panzi et dans les autres quartiers touchés devra encore être déterminée à partir des évaluations des autorités compétentes et des services présents sur le terrain.
En attendant ce bilan, les appels à la prévention relancent le débat sur l’assainissement, le drainage des eaux pluviales et l’aménagement urbain à Bukavu, une ville où les fortes pluies peuvent rapidement se transformer en risque pour les populations vivant dans les secteurs les plus exposés.


























































