Les circonstances du drame étaient au centre d’une réunion du Conseil territorial de sécurité tenue lundi 28 septembre 2026 au village Nkuvu, dans le groupement de Mugote.
Selon le compte rendu de cette réunion, Mme Nyabuhoro Muhabura est la seule survivante identifiée après le naufrage. Neuf dépouilles ont déjà été inhumées, tandis que les recherches et les opérations d’identification se poursuivent pour déterminer avec précision le nombre de personnes qui se trouvaient à bord.
D’après le témoignage de l’unique rescapée, l’embarcation aurait effectué plus de huit arrêts avant de prendre le large, afin d’embarquer progressivement des passagers à différents endroits du lac. Cette succession d’embarquement pourrait avoir contribué à l’alourdissement de la pirogue, selon les éléments examinés par les autorités.
Le Conseil territorial de sécurité retient principalement trois facteurs susceptibles d’expliquer l’accident : une appréciation insuffisante des conditions météorologiques, une surcharge de l’embarcation ainsi que l’utilisation d’un moteur de 15 chevaux-vapeur sur une pirogue mesurant environ huit mètres et engagée sur un trajet de longue distance.
De nouvelles restrictions pour les embarcations
À la suite de ce drame, les autorités territoriales ont décidé de renforcer les règles encadrant la navigation sur le lac Kivu.
Présidée par l’administrateur du territoire assistant, Me René Bulikoliko, la réunion a notamment décidé que les embarcations de plus de six mètres dotées d’un moteur de 15 CV ne pourront plus assurer la liaison entre Idjwi, Bukavu et Goma.
Le port du gilet de sauvetage devient également obligatoire pour tous les passagers. Les autorités interdisent par ailleurs les déplacements nocturnes des pirogues motorisées.
Les embarcations équipées de moteurs de 15 CV ne pourront désormais transporter des marchandises à destination de l’extérieur de l’île. Elles seront limitées au transport à l’intérieur d’Idjwi.
Autre exigence : aucune embarcation ne pourra quitter son point de départ sans disposer d’un manifeste recensant les personnes et, le cas échéant, les marchandises transportées.
Concernant les pirogues de 18 CV affectées au transport du poisson, notamment le sambaza vers Bukavu, le transport simultané de passagers et de marchandises est désormais proscrit.
Les autorités exigent enfin que les embarcations d’au moins huit mètres soient équipées d’un moteur développant une puissance minimale de 25 CV.
Des sanctions annoncées contre les contrevenants
Les différentes structures représentées au sein du Conseil territorial de sécurité ont reçu pour mission de sensibiliser les transporteurs, les passagers et les autres usagers du lac à ces nouvelles dispositions.
Les propriétaires ou conducteurs qui ne respecteront pas ces prescriptions s’exposent notamment à la saisie de leur embarcation ainsi qu’à des sanctions financières, selon les autorités.
Par ailleurs, le Conseil indique que treize familles touchées par le drame ont bénéficié chacune d’une aide financière du gouverneur de la province du Sud-Kivu pour contribuer à l’organisation des funérailles.
Alors que les autorités cherchent encore à établir le bilan définitif de cette catastrophe, le drame relance les préoccupations liées à la sécurité du transport lacustre sur le lac Kivu, particulièrement sur les longues distances entre les différentes rives et îles.


























































