Dans une déclaration publique suivie d’une lettre ouverte, la Nouvelle Dynamique de la Société Civile (NDSCI) de Mudusa appelle à une révision des prix et à davantage de transparence dans la gestion du service.
Selon la NDSCI, cette hausse intervient alors que la région traverse une saison sèche, période durant laquelle une baisse du débit des sources de captage est généralement observée.
L’organisation reconnaît que cette situation peut affecter l’approvisionnement en eau, mais estime qu’elle ne justifie pas, à elle seule, une augmentation des tarifs sans explication officielle.
D’après les chiffres avancés par la société civile, le prix d’un bidon de 20 litres desservi par un robinet privé est passé de 50 francs congolais à 150 FC, voire 200 FC dans certains cas.
Aux bornes-fontaines publiques, le tarif serait également passé de trois bidons pour 50 FC à un seul bidon pour 100 FC.
La NDSCI Mudusa affirme également que certaines sources naturelles, autrefois accessibles gratuitement, seraient désormais soumises à une contribution de 50 FC par bidon au titre de frais d’aménagement, une pratique qu’elle attribue au projet World Vision.
Dans sa lettre adressée au coordonnateur de l’ASUREP, avec copies notamment au gouverneur du Sud-Kivu, au chef de groupement de Mudusa, aux députés élus de Kabare ainsi qu’aux responsables provinciaux de la REGIDESO, l’organisation estime que cette hausse intervient dans un contexte particulièrement difficile marqué par l’insécurité persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo, les déplacements de populations et la dégradation du pouvoir d’achat des ménages.
La société civile rappelle que l’eau constitue un bien social essentiel et un droit humain fondamental. Elle considère qu’une éventuelle révision tarifaire devrait être précédée d’une information claire des usagers ainsi que d’une justification des motifs ayant conduit à cette décision.
Dans ses revendications, la NDSCI demande notamment la régulation immédiate des prix, l’organisation d’une réunion de redevabilité réunissant les responsables de l’ASUREP, les autorités locales, les représentants de la société civile et les usagers, ainsi que la mise en place d’une communication transparente sur toute modification future des conditions de fonctionnement du réseau.
L’organisation interpelle également les élus de Kabare, qu’elle juge peu actifs sur cette question malgré son impact direct sur les conditions de vie des habitants.
Contacté après la publication de la lettre ouverte de la NDSCI Mudusa, un employé de l’ASUREP, qui précise ne pas être habilité à s’exprimer officiellement au nom de la structure, a indiqué que « le bidon de 20 litres est toujours servi à 50 francs congolais » au niveau de leur service.
Il a ajouté que « cette lettre fait l’objet d’information » au sein de l’association.
Cette affaire relance le débat sur la gouvernance des services d’eau potable en milieu rural, où les impératifs de viabilité financière des réseaux doivent être conciliés avec l’accessibilité d’un service considéré comme essentiel, particulièrement dans un contexte humanitaire et économique fragile.


























































