Selon des informations relayées ces derniers mois, certains agents du programme accusent plusieurs années d’arriérés de rémunération.
Le chiffre de 38 mois d’impayés est notamment avancé pour des agents du P-DDRCS au Nord-Kivu. En décembre 2025, des agents et cadres du programme avaient manifesté à Beni pour réclamer le paiement de leurs salaires et avantages sociaux accumulés sur cette période.
Cette situation n’est toutefois pas nouvelle. En 2023 déjà, des agents du P-DDRCS à Lubero dénonçaient 14 mois d’arriérés. À l’époque, la coordination provinciale avait reconnu être informée du problème et indiqué que le dossier avait été transmis à la coordination nationale.
Plus récemment, des organisations de la société civile ont également dénoncé les difficultés administratives et sociales auxquelles seraient confrontés plusieurs agents du programme dans l’est du pays.
Certaines revendications faisaient même état de 46 mois d’arriérés dans certaines antennes du Nord-Kivu, illustrant l’ampleur et la persistance de la crise salariale.
C’est dans ce contexte que Chance Lusambya, Œil du peuple et président du Mouvement pour le respect de la Constitution et de l’intégrité territoriale (MRCIT), interpelle les autorités financières de Kinshasa.
Il demande que des éclaircissements soient apportés sur la situation de ces agents et sur les raisons qui expliqueraient l’accumulation de tels arriérés.
Pour lui, laisser des agents affectés à un programme national de pacification travailler pendant plusieurs années sans rémunération constitue une situation préoccupante qui mérite une réponse des pouvoirs publics.
Le P-DDRCS occupe une place importante dans la stratégie congolaise de désarmement, de démobilisation, de réinsertion et de stabilisation des zones touchées par les conflits armés. Le programme poursuit encore des activités dans plusieurs provinces de l’est du pays, notamment au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, en Ituri et au Tanganyika.
Au-delà de la question salariale, ces revendications posent donc celle des conditions dans lesquelles les agents chargés d’accompagner les processus de paix et de réinsertion peuvent exercer leurs missions.
À ce stade, les autorités nationales compétentes n’ont pas, dans les sources consultées, fourni d’explication publique permettant d’établir les causes précises de ces retards ni un calendrier global de régularisation des arriérés.
Une clarification officielle est dès lors attendue, tant par les agents concernés que par les acteurs engagés dans le suivi du processus de paix.


























































