Dans les quartiers Panzi et Ndendere, en commune d’Ibanda, notre reporter a rencontré vendredi 28 Août 2026 plusieurs parents exerçant dans le secteur informel. Tous décrivent, à quelques jours de la rentrée, une même difficulté : faire face simultanément aux dépenses courantes du foyer et aux exigences liées à la scolarité.
À Kamagema, Nenema Safari, vendeuse ambulante de fretins et mère de trois enfants, explique que ses revenus doivent désormais être davantage mobilisés pour les préparatifs scolaires. Pour elle, comme pour d’autres parents interrogés, l’achat des fournitures se fait en fonction des possibilités financières du jour.
La situation est similaire pour Jean Bagalwa, chauffeur de taxi rencontré à l’Essence, dans le quartier Panzi. Père de cinq enfants, il doit répartir ses recettes entre les besoins alimentaires de sa famille et les dépenses occasionnées par la rentrée.
Une liste de fournitures qui s’allonge
Selon les parents interrogés lors de cette descente sur le terrain, une enveloppe d’au moins 100 000 francs congolais est nécessaire pour assurer un minimum de préparation, notamment lorsqu’il faut équiper plusieurs enfants.
Cette somme est destinée à couvrir différents articles : uniformes, cahiers, chaussures, crayons, gommes, stylos, mallettes scolaires et autres accessoires indispensables.
Pour les familles nombreuses, la facture peut rapidement augmenter lorsque plusieurs enfants fréquentent simultanément l’école. Une situation qui contraint certains ménages à étaler leurs achats ou à privilégier, dans un premier temps, les articles considérés comme prioritaires.
Huit enfants à scolariser
Au rond-point Essence, Kulondwa Buroko, motard et père de huit enfants, est lui aussi confronté à cette pression financière. Ses revenus quotidiens doivent permettre de répondre aux besoins de toute la famille, alors que les dépenses scolaires interviennent à un moment où les charges ordinaires restent importantes.
Le même défi se pose à Claude Bubasi, vendeur ambulant de jus fabriqués localement. Originaire de Kabare et père de onze enfants, il doit composer avec une responsabilité familiale particulièrement lourde à l’approche de la rentrée.
Pour ces parents, la difficulté n’est pas liée à un manque d’intérêt pour l’école. Elle tient principalement à la faiblesse des ressources disponibles face à l’ensemble des dépenses à engager.
« Faire avec ce que l’on a »
Dans les rues de Panzi et de Ndendere, les préparatifs se poursuivent malgré les contraintes. Les parents rencontrés cherchent à rassembler progressivement l’argent nécessaire, en fonction des revenus tirés de leurs activités quotidiennes.
L’objectif reste de permettre aux enfants de rejoindre leurs établissements dès le 1er septembre, même lorsque tous les besoins ne peuvent être couverts simultanément.
Cette réalité illustre la pression économique qui accompagne la rentrée pour certaines familles à Bukavu. Pour les ménages ayant plusieurs enfants scolarisés, quelques dizaines de milliers de francs supplémentaires peuvent faire la différence entre une rentrée préparée et une reprise des cours dans des conditions difficiles.
À trois jours de la date officielle, les familles poursuivent donc leur course contre la montre. Entre revenus limités, charges familiales et exigences scolaires, la rentrée se prépare dans l’effort, mais aussi dans l’espoir de ne laisser aucun enfant à la maison.


























































