Dans une réflexion transmise à la rédaction de kivuavenir, ce samedi 27 juin 2026, cet acteur sociopolitique dit constaté avec amertume la légèreté avec laquelle, l’Assemblée Nationale dirigée par Aimé Boji considere les questions liées à situation de l’Est du pays.
« Aimé Boji Sangara ne connait pas jusque-là distinguer l’essentiel de l’accessoire dans la conduite de l’agenda parlementaire“, regrette-t-il
Pierre Namuhara estime que les préoccupations réelles de la population, particulièrement celles des provinces de l’Est de la République démocratique du Congo, ont été reléguées au second plan.
L’analyste rappelle que la session ordinaire de mars est principalement consacrée au contrôle parlementaire ainsi qu’à l’examen des propositions de lois destinées à adapter la gouvernance aux réalités socio-politiques du pays.
Or, affirme-t-il, le discours de clôture présenté par le président de l’Assemblée nationale ne mettrait pas suffisamment en évidence les résultats concrets réalisés par les députés au cours des trois derniers mois.
« En dehors d’un débat orienté vers une proposition de référendum, il est difficile d’identifier les avancées majeures qui auraient marqué cette session », regrette Pierre Namuhara.
Notre sorce juge particulièrement inopportun le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle alors que plusieurs territoires de l’Est du pays demeurent confrontés à l’insécurité, aux déplacements des populations et aux violences armées.
Évoquant notamment le territoire de Walungu, dans la province du Sud-Kivu, Nyamuhara s’interroge sur la manière dont les élus nationaux expliqueront à leurs électeurs que les préoccupations liées aux massacres, aux viols, aux pillages de ressources minières et du bétail n’ont pas occupé une place centrale dans les travaux parlementaires.
« Comment expliquer à une femme de Kaniola ou de Kankinda que sa voix a servi à porter à la tête de l’Assemblée nationale un dirigeant davantage préoccupé par des débats institutionnels que par les souffrances quotidiennes des populations de l’Est ? », s’interroge-t-il.
Cet acteur sociopolitique estime que cette situation traduit une crise de leadership au sommet des institutions et révèle, selon ses termes, « davantage un amateurisme politique qu’une véritable vision d’homme d’État ».
Par ailleurs, Pierre Nyamuhara critique la convocation d’une éventuelle session extraordinaire de l’Assemblée nationale.
Il considère que celle-ci devrait, dans un contexte de guerre et de difficultés économiques, être organisée sans frais supplémentaires pour le Trésor public.
« Si cette session extraordinaire doit avoir lieu, elle devrait se tenir à coût zéro afin que les députés apportent leur contribution à l’effort national de guerre », affirme-t-il.
Selon lui, une telle décision constituerait un geste de solidarité envers les populations affectées par le conflit dans l’Est du pays.
Dans le cas contraire, prévient-il, l’opinion publique pourrait y voir une démarche davantage motivée par des intérêts politiques que par la recherche de solutions aux défis auxquels fait face la nation.
Signalons que cette réflexion de Pierre Nyamuhara intervient alors que les débats autour des réformes institutionnelles continuent d’alimenter les discussions au sein de la classe politique congolaise, sur fond de persistance de l’insécurité dans plusieurs territoires de l’Est de la République Démocratique du Congo.


























































