Selon plusieurs témoignages recueillis auprès d’habitants et de passagers présents au moment des faits, les trois jeunes femmes auraient été interpellées en cours de route, avant d’être accusées, sans preuve apparente, d’avoir collaboré avec le M23. Leur seul tort, selon ces témoignages, serait d’être originaires de Bukavu.
Cette arrestation intervient dans un contexte particulièrement tendu à Kamisimbi. Des sources locales rapportent que les combattants du M23, qui avaient récemment établi une position dans cette zone, se seraient retirés.
Depuis ce retrait, ces derniers auraient multiplié les contrôles et les arrestations de personnes soupçonnées d’avoir facilité, d’une manière ou d’une autre, l’installation du M23.Des accusations sans preuve ?
D’après les mêmes sources, les trois jeunes filles ne seraient ni habitantes ni originaires de Kamisimbi. Elles s’y seraient rendues uniquement pour participer à la cérémonie de mariage de leur amie.
Des témoins affirment avoir tenté d’expliquer aux combattants wazalendo qu’elles n’avaient aucun lien avec le M23. Ces interventions n’auraient toutefois pas permis leur libération. Certaines sources parlent même de violences physiques qui auraient été exercées contre elles au moment de leur arrestation. Ces allégations n’ont pas encore pu être vérifiées de manière indépendante.
La situation suscite une vive inquiétude parmi les habitants de Kamisimbi, qui redoutent que les trois jeunes femmes soient exposées à de nouvelles violences pendant leur détention, notamment à des actes de torture ou à des violences sexuelles.
« Il faut que cela cesse »
Des habitants dénoncent ce qu’ils considèrent comme une dérive grave des groupes armés présents dans la région. Ils appellent les Wazalendo à libérer immédiatement les trois jeunes femmes et demandent aux autorités compétentes d’intervenir pour garantir leur sécurité et leur intégrité physique.
« On ne peut pas arrêter, battre ou maltraiter une personne simplement parce qu’elle vient de Bukavu », déplorent plusieurs habitants, qui disent déjà vivre dans la peur et l’épuisement après plusieurs épisodes de violences armées.
La détention de ces trois jeunes filles illustre une nouvelle fois les risques auxquels les populations civiles sont confrontées dans les zones où l’autorité publique est fragilisée par la présence de groupes armés.
Accuser sans preuve, infliger des violences ou retenir arbitrairement des civils ne saurait constituer une justice.
À ce stade, notre rédaction n’a pas pu obtenir la version des Wazalendo sur ces accusations. L’identité des responsables de leur détention ainsi que leur lieu exact de détention restent également à établir.
Face à l’urgence, les habitants demandent leur libération sans délai, ainsi que la mise en place de mesures permettant de prévenir tout acte de torture, de violence sexuelle ou d’autre traitement cruel, inhumain ou dégradant à leur encontre.


























































