Pour Loni Irenge Joël, chargé de production au sein de la plateforme Chunguza Habari et membre du Collectif des Fact-checkeurs de la RDC, la circulation incontrôlée de contenus non vérifiés constitue désormais un enjeu majeur pour la société congolaise.
Selon lui, les informations fabriquées ou décontextualisées peuvent contribuer à alimenter les tensions entre communautés, particulièrement dans un contexte marqué par de fortes fragilités sociales et sécuritaires.
Des conséquences qui dépassent les réseaux sociaux
Loni Irenge Joël souligne que les contenus mensongers peuvent être utilisés pour désigner injustement une communauté comme responsable d’un problème ou d’un événement. Une telle présentation des faits, lorsqu’elle se répand rapidement, peut nourrir la méfiance, les préjugés et parfois provoquer des affrontements.
La désinformation représente également un défi pour le débat public. En présentant comme établis des faits qui ne le sont pas, elle peut influencer la perception des citoyens, brouiller la compréhension des événements et compliquer l’accès à une information fiable.
Dans un pays où les réseaux sociaux constituent pour une partie importante de la population une source quotidienne d’information, les professionnels du fact-checking estiment que la vérification doit devenir un réflexe avant tout partage.
« Vérifier avant de partager »
Le responsable de Chunguza Habari rappelle par ailleurs que la diffusion d’une information présentée comme vraie alors qu’elle est fausse peut avoir des conséquences au-delà du simple débat en ligne.
Il renvoie notamment au cadre juridique congolais relatif à l’utilisation des technologies numériques et appelle les internautes à prendre connaissance de leurs responsabilités lorsqu’ils publient ou relaient des contenus sur internet.
« La désinformation est très dangereuse. Elle met en danger non seulement la vie de ceux qui la subissent, mais expose aussi directement à la justice ceux qui la partagent sans vérification », avertit Loni Irenge Joël.
Quelques réflexes pour éviter de relayer une information trompeuse
Face à la rapidité avec laquelle les contenus circulent sur les plateformes numériques, les professionnels de la vérification recommandent plusieurs précautions.
La première consiste à identifier l’origine du contenu. Le nom de l’auteur, le média qui publie l’information, la date de diffusion et les éventuelles sources citées permettent déjà d’en apprécier la fiabilité.
Il est également recommandé de confronter une information sensible avec plusieurs sources indépendantes, notamment les médias professionnels, les communications des institutions concernées ou encore les publications scientifiques lorsqu’il s’agit de sujets spécialisés.
Autre précaution : replacer l’information dans son contexte. Une photographie ancienne, une vidéo tournée dans un autre pays ou une déclaration sortie de son cadre initial peuvent facilement être présentées comme des faits récents.
Enfin, lorsqu’un doute subsiste, le choix le plus prudent reste de ne pas partager.
À travers cet appel, les acteurs du fact-checking veulent rappeler que l’accès à l’information ne se limite pas à la possibilité de recevoir ou de diffuser des contenus. Il suppose également la capacité de distinguer les faits vérifiés des rumeurs, des manipulations et des interprétations présentées comme des vérités.
En RDC, où les réseaux sociaux occupent une place croissante dans la circulation de l’information, cette vigilance est présentée comme un enjeu à la fois citoyen et collectif.


























































