Dans un communiqué publié mardi 29 septembre, cette organisation de défense des droits humains estime que la réduction de la circulation des armes légères et de petit calibre constitue un enjeu de sécurité humaine et de prévention de la violence au sein des communautés.
La campagne nationale de désarmement civil volontaire a été officiellement lancée le 23 septembre par le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo. Pilotée par la Commission nationale de contrôle des armes légères et de petit calibre et de réduction de la violence armée (CNC-ALPC), elle doit se poursuivre jusqu’au 22 décembre 2026 dans six zones prioritaires : Kinshasa, le Kongo-Central, la Tshopo, le Grand Équateur, le Grand Kasaï et le Tanganyika.
Selon les autorités, l’opération vise notamment à diminuer la détention et la circulation illicites des armes et à prévenir les violences armées. Le dispositif prévoit une remise volontaire des armes, avec des mesures annoncées pour encourager la participation, notamment l’anonymat, une amnistie judiciaire et une contrepartie matérielle suivant l’approche dite « arme contre objet de développement ».
Une organisation de la société civile appelle à la responsabilité
Le PCDBG-BR/Asbl-DDH considère que la détention incontrôlée d’armes au sein des communautés peut accroître les risques de violences, notamment lors de conflits sociaux, fonciers ou communautaires.
L’organisation cite également parmi les risques potentiels les homicides, les blessures accidentelles, les vols à main armée, les violences domestiques et l’exposition des enfants et des jeunes aux armes.
Pour le Parlement citoyen, la restitution volontaire d’une arme illégalement détenue devrait être considérée comme une démarche de responsabilité civique plutôt que comme un signe de faiblesse.
L’organisation invite ainsi les détenteurs civils concernés à ne pas vendre, transmettre, dissimuler ou utiliser ces armes, mais à se rapprocher des structures officiellement désignées pour leur remise, conformément aux procédures arrêtées par les autorités.
« Une arme de trop peut devenir une vie de moins »
Pour appuyer son message de sensibilisation, l’organisation reprend une expression en swahili : « Silaha si jembe kwa kulima maharagwe wala viazi; siyo mupanga kwa kufanya makaa ao kujenga nyumba », qu’elle traduit par l’idée qu’une arme ne constitue ni un instrument agricole ni un outil destiné aux activités quotidiennes.
Le PCDBG-BR/Asbl-DDH estime par ailleurs que la réduction du nombre d’armes en circulation pourrait contribuer à limiter certains facteurs de violence et à favoriser un environnement plus propice aux activités économiques et à la cohésion sociale.
Cette approche rejoint la logique mise en avant par la CNC-ALPC, qui présente le dispositif comme une démarche associant désarmement et développement à travers la restitution des armes contre des objets à vocation productive.
Un appel aux provinces non concernées par la première phase
Le Parlement citoyen étend également son message aux provinces qui ne figurent pas dans la première phase de l’opération.
Il cite notamment le Maniema, l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, où les situations sécuritaires demeurent complexes et où la circulation d’armes peut être liée à différents contextes de conflit.
L’organisation invite les détenteurs d’armes dans ces régions à ne pas considérer leur possession comme un moyen permanent de protection ou comme un bien personnel, mais à attendre et à respecter les mécanismes officiels qui pourraient être mis en place dans leurs zones.
Cette précision est importante, puisque la première phase officiellement annoncée par les autorités ne couvre pas ces quatre provinces.
Le PCDBG demande des garanties effectives
Tout en soutenant le processus, le Parlement citoyen insiste sur la nécessité d’une information précise de la population.
L’organisation demande notamment que les citoyens connaissent les points de collecte officiellement reconnus, les procédures à suivre, l’identité des personnes habilitées à réceptionner les armes ainsi que les conditions précises liées à l’amnistie et à la contrepartie matérielle.
Pour cette structure de la société civile, la transparence et la confidentialité seront déterminantes pour instaurer la confiance auprès des personnes susceptibles de participer volontairement à l’opération.
Le gouvernement présente justement la campagne comme une démarche volontaire et confidentielle, destinée à permettre aux détenteurs d’armes de les remettre aux autorités sans poursuites liées à leur restitution, selon les modalités annoncées.
La société civile appelée à accompagner le processus
Le Parlement citoyen appelle enfin les autorités nationales et locales, les chefs coutumiers, les responsables religieux, les organisations de défense des droits humains, les médias et les leaders communautaires à participer à la sensibilisation.
L’objectif, selon l’organisation, est d’éviter les informations contradictoires, les abus et les éventuelles escroqueries autour de cette opération.
Le gouvernement avait lui-même sollicité l’implication des autorités locales, des responsables communautaires, religieux et coutumiers, ainsi que des organisations de la société civile et des médias dans la sensibilisation de la population.
À travers cette prise de position, le PCDBG-BR/Asbl-DDH entend inscrire le désarmement civil dans une perspective plus large de protection des populations, de prévention de la violence et de consolidation de la paix.
Son message aux détenteurs civils d’armes illégalement détenues tient en une formule : « Rendre une arme, préserver une vie. »


























































