La cérémonie a été présidée par le chef de l’État et commandant suprême des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. À ses côtés figurait le président burundais Évariste Ndayishimiye, également président en exercice de l’Union africaine, ainsi que plusieurs hauts responsables de l’appareil sécuritaire et de la diplomatie congolaise.
Fondé en 2016, le CHESD s’est donné pour vocation de contribuer au développement d’une expertise nationale dans les domaines de la défense, de la sécurité et de la géopolitique. En dix ans, l’établissement affirme avoir assuré la formation de plus de 1 692 auditeurs, issus notamment des milieux civils et militaires. Pour ses responsables, cette expérience constitue un acquis important dans un environnement régional marqué par la multiplication des crises et la recomposition des équilibres sécuritaires.
Dans son allocution, le directeur général du CHESD, le général-major Augustin Mamba, a présenté le parcours accompli depuis la création de l’institution. Il a évoqué les avancées enregistrées, mais aussi les contraintes auxquelles le Collège reste confronté. L’enjeu, a-t-il souligné en substance, est de disposer de responsables capables de décrypter les évolutions de la situation sécuritaire et géopolitique afin d’éclairer les choix publics.
La dimension régionale de la formation stratégique a également été mise en avant. Plusieurs représentants d’institutions militaires et universitaires de la sous-région ont pris part aux festivités. Le directeur général de l’Institut de Tunis a notamment réaffirmé la disponibilité de son institution à poursuivre son accompagnement du CHESD, témoignant de l’importance accordée aux échanges entre établissements spécialisés.
Du côté des FARDC, le lieutenant-général Ychaligonza Nduru Jacques, chef d’état-major adjoint chargé des opérations et du renseignement, a renouvelé l’appui de l’armée aux initiatives du Collège. S’adressant aux nouveaux diplômés, il les a exhortés à mettre les connaissances acquises au profit de leurs responsabilités et à contribuer, par leur parcours professionnel, au rayonnement de l’institution.
Le vice-Premier ministre et ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Me Guy Kabombo Muadiamvita, parrain de la onzième session ordinaire, a lui aussi insisté sur la portée de cette formation. Il a salué l’engagement du président Tshisekedi en faveur de la protection du territoire, de la souveraineté nationale et de la transformation de l’outil de défense.
Pour le ministre de la Défense, les enjeux contemporains imposent toutefois une approche qui dépasse le seul cadre des opérations militaires. La défense nationale, a-t-il rappelé, suppose également une capacité d’analyse politique, économique, diplomatique, technologique et sociale. Le rôle du CHESD consiste ainsi à former des cadres aptes à appréhender ces différentes dimensions et à les intégrer dans la réflexion stratégique.
Le temps fort de la journée a été la proclamation des résultats et la remise des diplômes aux lauréats du CHESD et de l’École supérieure d’administration militaire (ESAM). Le président de la République a présidé cette séquence solennelle, aux côtés de son homologue burundais et des autres personnalités présentes.
À l’occasion du lancement de la nouvelle année académique, Félix-Antoine Tshisekedi a fixé cinq grandes orientations au Collège : consolider la réflexion stratégique congolaise, améliorer les capacités d’anticipation face aux crises, renforcer la souveraineté dans les domaines numérique et informationnel, intensifier les partenariats africains et régionaux, et placer l’éthique républicaine au cœur de l’action en faveur de l’intérêt collectif et de la sécurité nationale.
Ces orientations devraient guider la prochaine étape du développement du CHESD. Elles interviennent alors que la RDC fait face à des défis sécuritaires complexes, dans un contexte régional où les questions de souveraineté, de renseignement, de nouvelles technologies et de coopération entre États occupent une place croissante.
Au terme de cette décennie, le principal défi du CHESD apparaît donc moins dans l’accumulation des diplômes que dans leur traduction concrète. Il s’agit désormais de transformer l’expertise acquise en capacité d’anticipation, d’analyse et d’aide à la décision, afin que la réflexion stratégique puisse contribuer plus directement aux réponses apportées aux crises et à la consolidation de la sécurité nationale.
La cérémonie s’est clôturée par une photo de famille et la signature du livre d’or. Dix ans après sa création, le CHESD ouvre ainsi un nouveau chapitre de son histoire, avec l’ambition de faire de la connaissance stratégique non seulement un outil de formation, mais aussi un levier au service de l’action publique et de la souveraineté de la République démocratique du Congo.


























































