Le phénomène serait apparu depuis le début des opérations de distribution dans cette partie de Walungu. Des habitants affirment que certains combattants exigeraient une portion de l’aide remise aux ménages, au motif qu’elle devrait également bénéficier aux personnes présentes dans la communauté. Pour les familles concernées, cette pratique présumée réduit davantage une assistance déjà limitée, alors que les besoins alimentaires demeurent considérables. En juillet dernier, des centaines de ménages déplacés et retournés de Kamisimbi avaient notamment reçu une assistance alimentaire du Programme alimentaire mondial, composée entre autres de farine de maïs, de petits pois et d’huile végétale.
Dans ce contexte, la question de la protection de l’aide humanitaire devient particulièrement sensible. Des interventions humanitaires ciblant Kamisimbi et d’autres aires de santé de Walungu ont été programmées pour répondre aux besoins des ménages vulnérables affectés par la crise. Toute pression exercée sur les bénéficiaires ou sur les équipes chargées de la distribution pourrait ainsi compromettre le principe selon lequel l’assistance doit parvenir aux personnes ciblées, sur la base de leurs besoins et sans discrimination. Des organisations de défense des droits humains ont déjà documenté, dans d’autres zones du Sud-Kivu, des pratiques attribuées à des combattants Wazalendo, notamment l’installation de barrières et la perception de sommes d’argent auprès des populations.
Kamisimbi demeure par ailleurs une zone particulièrement fragile. Le groupement a été affecté par des affrontements récurrents entre les Wazalendo et les combattants de l’AFC/M23, avec des conséquences importantes sur les activités économiques, l’accès aux champs et aux services essentiels. Dans une telle situation, l’aide humanitaire représente pour de nombreuses familles bien plus qu’un simple soutien : elle constitue parfois leur principale possibilité de se nourrir après des mois de déplacement, de pertes de biens et de difficultés d’accès aux moyens de subsistance.
Face à ces accusations, les habitants demandent que les autorités et les organisations humanitaires renforcent les mécanismes de contrôle et de plainte autour des distributions afin que chaque assistance arrive effectivement à son destinataire. Il importe toutefois que ces allégations fassent l’objet de vérifications indépendantes, notamment auprès des organisations distributrices, des autorités locales, des représentants communautaires et des personnes directement concernées. Dans une région meurtrie par la guerre, détourner ou confisquer une partie de l’aide destinée aux plus vulnérables, si les faits étaient établis, reviendrait à ajouter une nouvelle épreuve à des populations déjà durement éprouvées.


























































