Ce niveau de dépenses, régulièrement supérieur aux plafonds fixés par les lois de finances, suscite de vives inquiétudes quant à la soutenabilité des finances publiques.
D’après ce baromètre citoyen, la masse salariale a représenté en moyenne plus de 43 % des recettes internes de l’État sur la période étudiée, bien au-delà du seuil de 35 % que les autorités s’étaient engagées à respecter, notamment dans le cadre de leurs accords avec le Fonds monétaire international (FMI).
Une telle pression sur les ressources publiques limite considérablement les marges de manœuvre budgétaires et réduit la capacité d’investissement de l’État.
Le rapport met également en évidence de graves irrégularités dans la gestion du fichier de la paie. Plusieurs audits ont révélé la présence d’agents fictifs, des doublons de matricules ainsi que des paiements indus à des personnes ne faisant plus partie des effectifs.
Ces anomalies engendreraient des pertes estimées à plusieurs centaines de millions de dollars pour le Trésor public. Malgré la bancarisation des salaires et l’introduction d’outils de gestion informatisés, ces dysfonctionnements persistent, traduisant un déficit de contrôle et, selon le CREFDL, une insuffisance de volonté politique pour assainir le système.
Dans ce contexte, la masse salariale apparaît désormais comme un poste de dépense à haut risque. Le manque de planification des recrutements, l’opacité dans la gestion des effectifs et la faible application des recommandations issues des audits antérieurs contribuent à fragiliser davantage l’équilibre budgétaire du pays.
Face à ces constats, le CREFDL appelle les autorités à engager sans délai des réformes structurelles. L’organisation recommande notamment l’assainissement du fichier de la paie, le respect strict des plafonds budgétaires, le renforcement des mécanismes de contrôle et une gestion plus rigoureuse et transparente des recrutements publics.
À défaut d’actions concrètes, prévient-elle, les mêmes dérives risquent de se reproduire, au détriment de la stabilité financière de la RDC.
Christelle Ziruka


























































