Dans une déclaration publique faite devant plusieurs autorités civiles et militaires ainsi qu’une foule de citoyens, l’autorité provinciale a affirmé qu’« à partir de maintenant, tous les agents de l’État n’ont plus le droit d’aller passer la nuit à Bujumbura ».
Selon le vice-gouverneur, cette pratique constitue une « honte » dans un contexte marqué par l’insécurité et les difficultés socio-économiques que traverse la population d’Uvira et d’autres territoires du Sud-Kivu.
Un délai de dix jours accordé
Jean Jacques Elakano a accordé un délai de dix jours aux fonctionnaires concernés afin qu’ils s’installent officiellement à Uvira. Passé ce délai, aucun agent public ne sera autorisé à traverser vers le Burundi pendant les jours ouvrables, sauf en cas de mission officielle urgente ou pour des raisons médicales dûment justifiées.
Le vice-gouverneur a également annoncé le renforcement des contrôles avec l’implication de la Direction générale de migration (DGM), chargée de veiller à l’application stricte de cette mesure.
Critiques contre le fonctionnement de l’administration
Dans son intervention, l’autorité provinciale a dénoncé le fonctionnement de certains services administratifs du gouvernorat du Sud-Kivu. Il a notamment pointé du doigt les retards observés dans l’ouverture des bureaux publics.
« Les citoyens souffrent parce que certains bureaux ouvrent à 11 heures, midi ou même 13 heures », a-t-il déclaré, estimant que plusieurs agents quittent précipitamment leurs postes dans l’après-midi pour rejoindre Bujumbura.
Selon lui, cette situation pénalise fortement les habitants qui se rendent dans les services publics pour obtenir des documents administratifs ou d’autres prestations essentielles.
*Une mesure aux répercussions attendues*
Cette annonce intervient dans un climat sécuritaire tendu dans l’est de la RDC, où plusieurs autorités appellent les agents publics à faire preuve de solidarité avec les populations affectées par les violences et les déplacements.
Aucune réaction officielle des syndicats des fonctionnaires ni des agents concernés n’était encore disponible samedi soir.
Toutefois, cette décision pourrait susciter un débat sur les conditions de travail et de sécurité des agents de l’État affectés dans les zones frontalières du Sud-Kivu.
Le Colonel David Bisimwa, dont les funérailles ont servi de cadre à cette déclaration, est décédé récemment lors des affrontements signalés dans le village de Kigurwe, dans la plaine de la Ruzizi, territoire d’Uvira.



























































