Cette nouvelle plateforme politique et citoyenne entend s’opposer à toute initiative visant à modifier la Constitution, alors que le débat autour d’une éventuelle révision constitutionnelle continue d’alimenter les tensions politiques dans le pays.
La coalition réunit notamment des figures de l’opposition comme Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund. Des mouvements citoyens, parmi lesquels Lutte pour le changement (Lucha), apportent également leur soutien à cette initiative.
Devant plusieurs centaines de militants réunis pour le lancement de la plateforme, les leaders de l’opposition ont appelé à une mobilisation nationale afin, disent-ils, de « barrer la route à une dérive autoritaire » et empêcher l’instauration d’un « pouvoir personnel » en RDC.
La coalition tire son nom de l’article 64 de la Constitution congolaise, qui stipule que tout citoyen a le devoir de s’opposer à toute prise ou exercice du pouvoir en violation des dispositions constitutionnelles.
Les opposants considèrent ainsi qu’une éventuelle modification de la Loi fondamentale dans le but de permettre un troisième mandat présidentiel constituerait une rupture de l’ordre constitutionnel.
Dans leur déclaration, les membres de la C64 accusent le président Félix Tshisekedi de vouloir ouvrir la voie à un maintien au pouvoir au-delà des limites prévues par la Constitution. Ils estiment qu’un tel projet relèverait, selon leurs termes, d’un « putsch constitutionnel » et évoquent des faits assimilables à la haute trahison.
Les opposants réclament également le retrait immédiat de la proposition de loi sur l’organisation du référendum actuellement examinée au Parlement.
À leurs yeux, ce texte représenterait une tentative déguisée de lever les garde-fous constitutionnels hérités des crises politiques passées du pays.
« Il n’y aura ni troisième mandat, ni glissement du calendrier électoral, ni changement de Constitution », ont insisté les responsables de la coalition, affirmant que le chef de l’État devra quitter le pouvoir à l’issue de son mandat constitutionnel en 2028.
Le débat ravive le souvenir des manifestations politiques de 2015 et 2016, lorsque l’opposition de l’époque dont faisait partie l’UDPS de Félix Tshisekedi contestait le maintien au pouvoir de l’ancien président Joseph Kabila au-delà de la durée légale de son mandat.
Parallèlement, l’Église catholique en République démocratique du Congo s’est également exprimée contre toute perspective de révision constitutionnelle. Plusieurs responsables ecclésiastiques appellent au respect strict de l’ordre constitutionnel et de l’alternance démocratique.
Au pouvoir depuis 2019, Félix Tshisekedi effectue actuellement son deuxième mandat, considéré comme le dernier autorisé par la Constitution en vigueur.
Depuis plusieurs mois, certains cadres de la majorité présidentielle plaident toutefois en faveur d’une réforme constitutionnelle, relançant un débat particulièrement sensible dans le contexte politique congolais.



























































