« La rentrée scolaire n’est pas un fait syndical, mais plutôt politique et administratif. Quand la politique a décidé, l’administration n’a qu’à exécuter et c’est ce qui est fait. »
Propos du secrétaire exécutif du Syndicat des enseignants du Congo SYECO, Roger Matabaro au cours d’une interview accordée à un reporter du média Kivuavenir.com, ce mardi 5 janvier 2021
Dans cet entretien, le syndicaliste Matabaro, met en doute la qualité de l’éducation des enfants pour cette nouvelle année scolaire 2020-2021. Car selon lui, s’ils ne rentrent pas vite à l’école, certains d’entre eux risquent de vagabonder dans les rues et être entrainés dans des mauvaises pratiques qui risqueraient d’être une nouvelle source d’insécurité. Pour ce syndicaliste, le doute reste énorme car « l’année scolaire 2020-2021 risque de finir mal comme l’année scolaire 2019-2020 passée. Plutôt que de commencer en Septembre comme c’est l’habituel dans notre pays, 2020-2021 a commencé en Octobre et à deux mois de cours, on vient de relancer la suspension des activités, nous doutons fort de la formation que reçoivent nos enfants durant ces deux années, sans mettre à coté la situation psychologique dans la quelle travaillent les enseignants » regrette le secrétaire provincial du Syeco, Roger Matabaro.
Un analyste indépendant Pierre Nyamuhara contacté par kivuavenir.com estime de sa part que le secteur éducatif en République démocratique du Congo est entrain de perdre sa valeur de l’année en année. Pour lui, il n’est pas possible que toutes les institutions qui regorgent les engouements de gens soient opérationnelles et que seule la classe soit la cible de la pandémie à corona virus. « Si nous pouvons rappeler que la fondation d’une nation c’est l’éducation, il est regrettable de voir qu’il n’y a pas un engagement formel accepté par les autorités au pays afin que l’éducation de nos enfant et de la nation congolaise en général soit la priorité des priorités. C’est tout le monde qui cherche à savoir c’est par quel phénomène la maladie qui n’est pas dans des marchés, églises et débits de boissons peut uniquement menacer la classe ou l’auditoire. Car il n’est pas possible qu’on interdise les classes et on autorise toutes ces autres institutions. Ce n’est qu’une volonté de vouloir rendre nos enfants plus faibles afin qu’ils n’aient la capacité de revendiquer dans l’avenir l’amélioration de la gouvernance et changer l’appareil de l’état. » Fait-il savoir.
Par apport aux messages suivis dans les rues selon lesquels, le report de la reprise des cours après les vacances de Noel et nouvel an est un moyen facile d’échapper aux promesses faites aux enseignants par le chef de l’état, Pierre Nyamuhara fait savoir que le moyen n’a jamais manqué en RDC, plutôt le souci « je ne dirai pas qu’il n’ y a pas de moyen c’est plutôt l’absence d’une volonté politique de vouloir prioriser l’éducation. Si on peut entendre dans les coulisses qu’il y a des corruptions pour amener les députés à changer d’un camp vers un autre, et que l’on ne priorise pas l’enseignant, d’où viendront les députés demain comme l’école n’est pas bien encadrée. Ou alors c’est l’occasion aux politiciens de prendre en otage le pays après qu’ils aient envoyé leurs enfants à l’étranger pour une éducation adéquate pendant que le fils et fille du paisible citoyen Congolais est forcé à devenir esclave scientifique dans son propre pays » dit-il nerf tendu
Faisant un parallélisme entre les deux années scolaires qui se suivent depuis 2020, l’analyste pierre Nyamuhara estime que l’objectif actuel au pays n’est plus d’outiller aux enfants la bonne connaissance plutôt de leurs livrer des diplômes papiers non justifiables sur le plan bagage scientifique.
«Nous avons été surpris avec les résultats de l’examen d’état de l’année scolaire 2019-2020 qui était presque à 100% dans toutes les écoles alors que ces écoles n’avaient pas finit le programme des matières et nous ne cessons de nous poser la question de savoir comment les enfants qui n’ont pas finit le programme peuvent obtenir les diplômes plus que comme ils en obtiennent dans des années où ils ont bien suivi le programme. Pour cette nouvelle année 2020-2021, ça affiche déjà le même sort, car nous sommes encore en Janvier et la date de la rentrée reste probable sans songer au retard déjà encaissée dès l’ouverture de l’année. Et donc jusque maintenant on ne peut compter que deux mois de cours que nos enfants ont déjà bénéficié, ils risquent d’étudier soit un ou deux autres mois et on clôture l’année, puis on leur livre des diplômes en papier mais sur le plan bagage intellectuel zéro, ce qui crée déjà un danger au niveau de la nation et il est temps que l’état Congolais prenne conscience et résoudre tôt ce virus qui se crée déjà au pays. » Regrette Pierre Nyamuhara.
Suite à la deuxième vague de la pandémie à Corona Virus au pays, le président de la République chef de l’état a ordonné dans son discours du 14 Décembre 2020, l’anticipation des vacances de Noel et Nouvel an dans des écoles et Universités. Prévue pour le mardi 5 Janvier 2021, la reprise des cours n’a pas eu lieu et vient d’être reportée à une date ultérieure.
Claude Musengero